18h55 : Ca y est. L’avion a décollé et nous voilà partis à destination de Paris non sans péripétie. Tout d’abord, le vol initialement prévu à 17h50 a du retard, l’appareil étant toujours à Paris. Quelques minutes plus tard, nous apprenons que nous embarquerons à 18h pour décoller à 18h30, finalement le retard indéfini se transforme en 40 minutes de retard à mon plus grand bonheur ; encore mieux que la SNCF.
Nous sommes appelés en porte 26, or, le commandant de bord s’est trompé en se garant. Nous voilà donc parti de l’autre côté de l’aéroport en porte 31. Nouveau problème. En effet, ce côté-ci de l’aéroport ne concerne que les vols internationaux notre avion ne peut stationner ici. Après quelques secondes interminables, nous voilà reparti en port 26 pour enfin embarquer. Le plein de gazoline achevé, une petite montée d’adrénaline quand l’appareil se met marche se fait sentir. Une centaine de passager s’envoie en l’air grâce un seul homme. Quel progrès la technologie aéronautique.
Je regarde par le hublot. Nous sommes au-dessus de la ville, au dessus des nuages. Je me demande où est la maison et si je verrais maman se baigner dans la piscine. Je me dis qu’il serait dommage de croiser la route d’un pigeon à ce moment précis, entrain de monter dans le ciel. Il fait beau à Paris, il fait 24°, arrivée prévue à 19h30. Je suis tellement excitée. C’est nuageux mais pas trop. J’ai l’impression qu’il y a plein de petits morceaux de coton hydrophile oubliés sur la maquette d’un vallon. Le sol est ballonné mais pas trop contrairement à moi qui me demande si ce n’est pas l’altitude qui me donne des gaz internes. Mais je suis une fille et cela ne se fait pas. Je n’ai aucune flatulence (jamais), je n’éructe pas (jamais), je n’ai pas de vessie ce qui me permet de ne pas avoir envie d’uriner (jamais) et surtout je ne vais jamais à la selle (JAMAIS). Malheureusement, je me sais vouée à une éternelle occlusion intestinale.
Petite barre de stress passée, je peux me décontracter et m’adonner au plaisir en plein air en admirant le paysage. Je cherche celui qui vit là au milieu des nuages, celui qu’on appelle Dieu. Il faut croire qu’il est en déplacement en ce moment ou qu’il a horreur d’être dérangé car je ne le vois jamais. Enfin si un jour je le croise je lui dirais qu’on a besoin de lui, là, en bas ou de son fils pour un de ces miracles.
Je suis au dessus d’un lac de coton, semblable un peu à la neige poudreuse qui nous donne envie de sauter dedans. Je comprends aujourd’hui quelle jouissance on peut éprouver à s’envoyer en l’air. Plus personne n’existe, je suis seule avec moi-même et mes pensées qui défilent. L’avion se stabilise, nous avons cessé de monter pour commencer à redescendre. Dans ¼ d’heure me revoici parisienne. On ne le dira jamais assez, merci monsieur Lagardère.

2 Réponses à “”

  1. aliahlalay dit :

    Beau style!!! maniement de la langue avec aisance et grande fluidité. L’humour donne à votre écriture toute son originalité. J’aime! Bravo!! http://aliahlalay.unblog.fr

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