Archive pour octobre, 2011

La rencontre

11 octobre, 2011

Il suffit de pas grand chose parfois pour commencer une histoire, quelques mots sur un morceau de papier. Après, c’est à nous de voir comment nous voulons l’alimenter pour que cela devienne une nouvelle, un roman, parfois simplement une lettre ou un mot d’adieu, d’autre fois une sitcom digne des meilleures séries B. Il suffit de quelques mots sur un papier pour que tout commence, pour que tout s’arrête. Ce jour-là il s’était dit qu’un numéro serait un bon début.

Toute la soirée, les regards que nous avions échangés laissaient entrevoir que nous n‘étions pas indifférents l‘un à l‘autre. Je ne sais pas si c’est notre timidité respective qui nous empêchait d’aller plus loin, toujours est-il que la fin se faisait sentir et que nous en étions toujours au même point, l’esquisse d’un sourire, des yeux qui se baissent, nous nous plaisions. Je sens sa main sur mon bras, je me retourne. Il a un papier chiffonné au creux de sa main, il me le fait passer et me murmure « Appelle-moi » au creux de l’oreille. Machinalement je le prends son bout de papier, foutu bout de papier.
« CYRIL 0608070905, j’aimerai tant mettre une voix sur ce charmant sourire. »
C’est mignon comme procédé, personne ne m’avait encore fait ce coup-là. Je glisse le papier dans ma poche. Les lumières du bar se rallument. Ça va fermer. Mes amies et moi récupérons nos affaires et sortons. Je respire l’air frais, le ciel orangé annonce la levée du jour. Je sors une cigarette, l’allume et tire une longue taffe. En soufflant, je sens mon corps se détendre et mes yeux s ‘alourdirent. Je monte dans la voiture. Je suis fatiguée et bien trop alcoolisée pour réfléchir. Les filles parlent de la soirée, des jolis garçons et des minots de 18 ans qui voulaient à tout prix leur payer un verre. Il faut qu’on s’arrête je vais vomir.
« Manon, qu’est-ce tu fous? Tu as attendu trente piges pour te taper ta première cuite. Attends ma belle je vais t’aider.
_ Ça va, je dis. En fait, on peut repartir. J’avais besoin d’un peu d’air. »
La voiture s’arrête de nouveau, je descends de la voiture pour rentrer dans l’immeuble. Mais qu’est-ce que j’ai fait de mon badge. Ce foutu sac est trop grand, faut que je fasse un tri pour arrêter de galérer. Mais oui, je l’avais rangé dans la petite poche pour ne pas avoir à le chercher. Encore cinq étages à monter, mes clés à trouver, la tête me tourne. J’arrive enfin à dans mon appart, je claque la porte, me déshabille dans le couloir avant de me coucher. La douche ce sera pour demain, je suis trop épuisée pour ce soir. La douceur des draps me pousse rapidement dans les bras de Morphée.
Le lendemain matin, à mon réveil, j’ai la bouche pâteuse d’après soirée qui me fait dire que j’ai encore du trop boire, trop fumer. Pourtant machinalement, je prends une clope dans le paquet sur la table de nuit. J’ai encore du mal à ouvrir les yeux, foutu mal de crane. Je cherche mon briquet, il doit être dans ma poche. Et là, mes doigts effleurent un morceau de papier. C’est celui que Cyril m’avait donné. C’est vrai qu’il était mignon ce mec. Je récupère ce que j’étais venue chercher, j’allume ma cigarette. Je jette un coup d’œil au papier, le prend et joue avec entre mes doigts. Je repense à ses yeux. C’était un appel au sexe ce mec. Tu sais, ce regard qui te dit, j’ai envie de toi là maintenant tout de suite. Je prends mon téléphone. Je n’ose pas appeler. Je suis conne, si je n’appelle pas je vais regretter, ça c’est sûr. Ma respiration s’accélère, mon esprit se brouille. Oh puis merde, faut bien que je me lance et que j’arrête mes gamineries. Répondeur. Tant mieux, je n’avais pas trop envie de lui parler finalement.
« Salut c’est Manon, la fille du Macumba. Ben voilà tu m’as laissé ton numéro en me demandant d’appeler, ce que j’ai fait. Je pense que tu dois dormir. Je te laisse, à plus. Au fait, mon numéro 0670809010. Voilà, j’espère que tu as eu le temps de noter. »
Foutue machine. Je déteste parler aux répondeurs. Personne qui répond, personne à qui réellement parler. Et puis on a toujours l’air un peu bête. J’aurai dû attendre un peu, avec la voix rauque que me donne la cigarette au réveil je ne suis pas certaine qu’il pensera que je suis une fille. Je m’en fous. J’arrête de me prendre la tête pour des conneries. J’ai trente ans merde, j’ai passé l’âge des gamineries. Remarque, laisser son numéro sur un papier sans même qu’on se soit échanger un mot ce n’est pas ce qu’il y a de plus mature. Bon, ce coup-ci je file sous la douche.
Le miroir au-dessus du lavabo me fait dire que finalement j’aurais dû rester coucher encore un peu. Je n’ai même pas pris le temps de me démaquiller hier soir, j’ai des poches sous les yeux, je suis affreuse. Je me déshabille et saute sous la douche. Comme à son habitude, le chauffe-eau déconne. J’ai le droit à une douche écossaise. Remarque ça réveille le matin, je m’ébouillante aussi un peu. Ca y est, j’ai réussi à réglé la bonne température. Je reste un quart d’heure sous l’eau pour me détendre un peu. L’onctuosité de la mousse, la bonne odeur du gel douche me mettent de bonne humeur. J’éteins les robinets en finissant pas l’eau froide pour raffermir la peau parait-il. Pour choper la mort oui!
Ma toute petite salle de bain est devenue pour temps aussi trouble qu’un sauna. Je passe ma main sur le miroir pour le désembuer un peu. Je me démaquille, pour me remaquiller. Pas très commode je vous l’accorde mais bon, il faut ce qu’il faut. Le téléphone sonne. C’est toujours dans ces moments-là que les gens décident de vous rappeler. Je sors non sans éviter une chute de justesse en glissant sur le carrelage avec les pieds mouillés.
« Oui qu’est-ce qu’il y a?
_ Euh… Manon?
_ Oui.
_ C’est Cyril. »
Merde, je l’avais oublié celui-là. Je me racle la gorge pour adoucir un peu ma voix.
« _ Oh, Cyril, tu vas bien.
_ Super. Je me demandais si tu voulais venir boire un café en ville.
_ Pas de soucis.
_ Dans une heure et demi au Jones.
_ OK. »
Je raccroche. Ça y est, le rendez-vous était fixé. Bon, pour le maquillage il va falloir faire mieux que ça parce que là tu n’es vraiment pas très fraîche. Opération séduction, attention les yeux!!

Le Jones est surement le café le plus branché de la ville. Je balaye la salle des yeux, je le vois. Il est assis au fond de la salle, un café devant lui. Il a un tee-shirt à manche longue, gris, qui lui moule le corps. Je jette un coup d’œil à mon reflet. Un chignon ébouriffé, un pull à col échancré et un pantalon noir soutenu par une paire de bottes. Féminine et sexy, sans en avoir l’air, ça me plait. Je me décide. Je m’approche, il ne m’a pas encore remarquée, j’ai l’impression qu’il est un peu fatigué lui aussi. Ca y est, il m’a vu, il se lève s’approche de moi:
« Hey, tu vas bien, j’avais peur que tu ne viennes pas.
_ Moi aussi j’ai eu peur de ne pas venir. »
Je laisse échapper un petit rire nerveux, comme pour qu’il comprenne qu’il s’agissait là d’une brève d’humour. Il sourit. Il a vraiment beaucoup de charme. Nous discutons un bon moment tous les deux. Nous parlons de tout, de rien, de nous. Au bout de deux heures et demi de discussion, nous avons l’impression de nous connaitre depuis toujours.
« Si ça te dit, on peut poursuivre cette discussion autour d’un repas, je connais un resto sympa…
_ Bien sûr.
_ Super. Et bien, en route. »

L’amour, la vie

1 octobre, 2011

Le soleil était levé depuis peu, je te regardais les yeux encore un peu brumeux. Je caressais tes cheveux, ton visage, ta bouche. Tes lèvres si sensuelles que j’aime embrasser. Je ne pensais plus à rien. Je passais ces quelques secondes à graver en moi ton visage. Un sourire un brin naïf se lisait sur mon visage. J’ai aimé cette nuit. Tes mains délicates parcourant mon corps, qui ont su se faire ferme quand il le fallait. Ce n’était pas si mal pour une première fois, pour la découverte de nos corps imparfaits qui ont su se parfaire l’un en l’autre. Je me sens bien, reposée malgré une nuit quelque peu agitée. Je ne voulais pas mais maintenant, en écrivant ces lignes, je ne peux m’empêcher de penser. Penser à la situation qui se veut compliquée, en apparence du moins.
Je me remémore nos discussions, ses phrases sans importances que tu as dites et qui résonnent encore en moi. Ces phrases qui me troublent et me perdent. Ces phrases qui me laissent croire que ce ne sera pas que pour les vacances. Mais la réalité me rattrape. Et l’issue est toujours la même, dans chacun des scénarii que j’imagine. Il ne faut pas que ça se sache, juste profiter du moment présent pour ne tirer que le meilleur de la situation. Alors c’est ce que j’essaie de faire. Ça ne m’empêchera pas de penser, ça ne fait pas mal de penser de temps en temps.
Puis, je crois que j’aime m’échapper au creux de mon imagination. Pour ne pas salir la situation, je préfère l’enjoliver et y cacher quelques sentiments. Les cacher profondément, au fond de mes yeux, eux seuls pourraient me trahir pour celui qui sait les regarder. Il n’y a rien à traduire, il suffit juste de lire. Le regard est un langage qui ne ment pas, comme le corps et nos gestes qui nous mettent à nus. Maladroitement nous essayons de les cacher, mais la vérité est éclatante à celui qui veut le voir.
Pourtant, il arrive qu’il vaille mieux fermer les yeux pour se laisser bercer par l’illusion du moment. Ce n’est pas se mentir, non, juste créer de la magie en cet instant. C’est plus romantique. Même si elle nous rattrape toujours, il n’est pas mauvais de fuir la réalité un court instant. En cet instant précis, je pense à toi et tu me manques. À moins que ce ne soit que ces instants de tendresses et d’intimités qui me manques. Bien sûr, dans le fond, je sais très bien ce qui me manque le plus. Mais le manque, le désir, la frustration font grandir. Une fois le désir assouvi, il disparait.
Il parait que le plaisir est dans l’attente. Ce n’est pas entièrement faux. Fantasmer ton retour me plait. Je m’impatiente de te revoir, pas seulement pour le côté charnel, parce que j’aime passer du temps avec toi ? J’aime te sentir près de moi. J’aime le son de ta voix et bien d’autres choses encore. Mais ça non plus, il ne faut pas que ça se sache. Le mystère est nécessaire, ne pas trop se dévoiler permet de se protéger aussi. Enfin… il parait.
Deux jours entiers à t’attendre et te voilà de nouveau près de moi. La chaleur au fond de ma poitrine brûle tout mon corps. Je ne peux plus me cacher derrière mes barrières et mon blindage. Je suis amoureuse. Amoureuse d’un homme merveilleux. Il est là, à mes côtés, sans que je lui parle il me comprend. Il devance mes moindres désirs et en un regard je connais les siens. Il est l’âme soeur, mon ami, mon amant, mon mari, mon dieu.
Il y a des hauts et des bas bien sur mais il y a des choses qui ne trompent pas. Je ne sais pas si tout est écrit. Il parait qu’il existe un coeur pour chaque être. Aujourd’hui, nous nous sommes trouvés. Je souhaite à tous les gens qui liront ces lignes de trouver ce même bonheur, ce même amour à l’unisson. Des cris, des pleurs, de joie et de malheur. L’amour… LA VIE.